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La nouvelle restriction sur les Visas concernant les pays du Maghreb : une nouvelle crise diplomatique ?

Par Juliette OLIVIER, publié le 17/01/2022

Durant la période de crise sanitaire, les ressortissants du Maghreb ont vu leurs retours être repoussés. Ils étaient pourtant en situation irrégulière, résidants illégalement sur le territoire français. C’est notamment ce fait qui a été retenu par le gouvernement français lors de cette prise de décision unilatérale. L’exécutif déplore le manque de coopération de la part des pays du Maghreb pour récupérer leurs ressortissants. C’est ainsi que le chef de l’Etat a annoncé réduire « drastiquement » le nombre de visas accordés qui leurs sont accordés.

 

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement a affirmé qu’entre janvier 2021 et juillet 2021, seulement 22 ressortissants algériens ont fait l’objet d’une procédure d’expulsion sur les 7731 autres, pourtant dans la même situation. Ce fait s’explique par le « refus » des pays de délivrer les laissez-passer consulaires demandés lors de la procédure de retour des immigrés arrivés en France illégalement. Gabriel Attal justifie cette décision « par le fait que ces pays n'acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France ».

 

Quels sont les conséquences directes concernant l’attribution de visa ?

La nombre de visas pour l’Algérie et le Maroc se verra baissé de 50%. Quant à la Tunisie, le nombre sera réduit de 30% par rapport à 2020. Cette décision apparaît « drastique » et « inédite », mais est « nécessaire » selon le porte-parole du gouvernement. Ainsi, ces pays se verront obligés d’une certaine façon de récupérer les résidents illégaux présents sur le territoire français.

 

De l’autre côté de la Méditerranées, des réactions ont été notées à la suite de cette annonce.

Cette mesure prise a évidemment fait naître des tensions entre la France et le Maghreb, certains parlent même d’une crise diplomatique.

Du côté de l’Algérie, son ambassadeur à Paris a instantanément été rappelé le mercredi 29 septembre pour une « consultation » afin de protester contre cette mesure. Un communiqué a été publié de leur part, exprimant une situation « particulièrement inadmissible ». Ce communiqué annonce « une protestation formelle du gouvernement algérien suite à une décision unilatérale du gouvernement français affectant la qualité et la fluidité de la circulation des ressortissants algériens à destination de la France ». Ce n’est d’ailleurs pas la seule décision prise par l’Algérie. Alger a en effet interdit le survol de son espace aérien concernant les avions militaires français.

Le ministre marocain des Affaires étrangères parle d’une décision injustifiée de la part du gouvernement français. Il affirme d’autre part que « La décision (de la France) est souveraine. Le Maroc va l'étudier, mais les raisons qui la justifient nécessitent de la précision, un dialogue, car elles ne reflètent pas la réalité ».

Quant au chef de l’Etat tunisien, il « regrette la décision française ».

Juliette OLIVIER

Nouvelle adhérente du DU Clinique Juridique, Juliette est une étudiante en troisième année de droit au sein de l'Université Paris 8.

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